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Panique Celtique
Panique Celtique
  · est le premier album de Manau. Il sort peu après l'énorme succès remporté par le titre La Tribu de Dana, qui fût l'un des plus gros tubes de l'été 1998. Diffusé sans relâches à la radio, il propulse le groupe sur le devant de la scène, eux encore inconnus quelques semaines auparavant. Avant de signer chez Polydor, Manau essayait de se faire reconnaître avec le titre La Confession mais c'est en changeant de titre de présentation qu'ils ont pû finalement signer dans cette maison de disque. Le single sort en mai 1998 et, quelques mois plus tard, c'est pas moins de 1'700'000 exemplaires qui sont vendus...

Avec ce succès remporté par le groupe, leur maison de disque leur propose d'enregistrer un album. Manau accepte, la date de sortie est alors prévue pour le mois de janvier 1999.

Mais, devant l'immense succès du groupe, la date est avancée pour octobre, puis pour septembre... Martial, Cédric, Hervé et leurs musiciens travaillent d'arrache-pied et enregistrent Panique Celtique : et le résultat est là ! Un album aux sonorités envoutantes, suivant l'univers du single en mélangeant les légendes et musiques celtes au hip-hop... Un nouveau genre, qui remporte un énorme succès. L'album est certifié disque de platine (300'000 ex. vendus) 2 mois et demi plus tard seulement après sa sortie. Cet album est aussi le seul qui verra Martial, Cédric et Hervé réunis. En effet, ce dernier participe activement à la musique de ce premier album mais quittera le groupe peu après sa consécration, ses envies musicales s'écartant de celles du groupe.
Le titre d'intro de Panique Celtique raconte, non sans humour, la naissance du groupe, au milieu des Highlands, « bannis par leur tribu et par l'underground » :-) Ils ont fait, pour cela, appel à la voix de l'acteur Antoine Duléry. S'en suit la célèbre Tribu de Dana, le tube qui a révélé le groupe. Il reprend un air célèbre : « Tri Martolod », qui fût retravaillé dans les années 1970 par Alan Stivell, et raconte le combat d'une tribu irlandaise dans les plaines de Bretagne. Ce titre fera non-seulement danser la France durant l'été 1998 mais permettra au groupe de se faire connaître au-delà des frontières (Allemagne, Hollande, Turquie, Chili, Japon, Finlande, Afrique... sans oublier la Suisse, la Belgique et le Canada bien sûr). La Tribu de Dana
La pochette reflète parfaitement l'univers estival de la chanson, les sonorités du refrain se lisent dans les couleurs du ciel...
L'Avenir est un long passé S'ensuit sur l'album le titre L'Avenir est un long passé, qui calme les esprits. Il démontre, en particulier, la maturité et la profondeur que peuvent avoir les textes du groupe. Le contraste parfait avec le titre précédent : prouvant que Manau n'est pas uniquement un groupe fêtard, qui vise le tube à tout prix mais qu'il est aussi et surtout un groupe aux qualités multiples. Ce titre traite de la bêtise humaine, du mal, et met en parallèle les 2 guerres mondiales et le présent. En posant la question « l'Avenir est-il un long passé ? » le groupe appelle à la réflexion quant aux tournures que prend la violence et l'extrêmisme aujourd'hui, notre avenir a-t-il déjà été écrit ? Les hommes font-ils toujours les mêmes erreurs ? Ce titre sortira en single au début de l'année 1999 et sera le 4ème extrait de ce premier album.
Pour prouver, à qui en douterait encore, que l'univers du groupe ne se résume pas à un unique sentiment mais regroupe une foule de thèmes divers, c'est avec Panique Celtique que Manau nous réinvite dans la danse, un titre parmis les plus dynamiques que le groupe ait réalisé. Avec un petit clin-d'oeil aux internautes que nous sommes : « Manau branché sur Internet ! », ce titre succède au 1er single et sort à la rentrée de septembre 1998 : « Hé ! Ho ! Le nouveau son de Manau ! » s'entend partout et permet au groupe de confirmer son statut dominant dans les charts.

Puis, retour aux sonorités de l'âme celtique avec Le Chant des Druides, titre qui fera appel au choeur d'Elsa Kalfoglou pour les refrains. « Manau prend le micro et s'aide du hip-hop, pour raconter des histoires et des mythes de ce peuple », phrase qui résume parfaitement le lien qui unit le groupe, au travers de cet album, avec ces légendes... Martial nous offre cette-fois-ci un texte haut en couleurs qui n'est que mieux mis en valeur par la musique d'RV Lardic et Cédric Soubiron. Ces derniers nous ont effectivement concocté un mélange digne de toutes les potions qu'un Druide pourrait imaginer :-)

Faut pas Tiser en Bretagne nous raconte ensuite les méfaits des soirées trop arosées ;-) Un titre joyeux où Martial fait à nouveau preuve de créativité, en mélangeant différents rythmes tout au long de la chanson. Un pur moment de délire !

Dès ses premières secondes, les accords du Chien du Forgeron nous envoûtent grâce à la harpe d'Anne Mispelter et au violon du fidèle musicien Grégor Gandon. Des sonorités parfaites, qui nous replongent agréablement dans les légendes d'Irlande. Un titre reposant où Martial partage son amour pour ces thèmes : « Que c'est bon de rêver, de vivre cette culture... Je t'invite, jeune homme, à découvrir cette littérature... »

La Confession reprend un ton plus grave. Elle nous conte l'histoire d'un jeune qui, sans s'y attendre, tombe entre la vie et la mort. Touché par balle, cette vie prend soudainement un autre sens : sa sensibilité éclo, des regrets quant à sa vie passée, son parcours, surgissent du plus profond de lui-même. Un texte qui vise à en faire réfléchir certains sur les vraies valeurs de la vie, qui essaie peut-être de les éveiller... Pour le refrain, le groupe a fait appel à la voix de Maro Doucouré, qui les a accompagnés sur scène et qui apparait dans le clip vidéo du single. Extrait de l'album qui n'en est que le 5ème...
Un mauvais Dieu est sans doute le titre le plus sombre de l'album. Il raconte l'histoire d'un Dieu qui ne fait que le mal et se fait enfermer dans les catacombes. Figure de style réussie grâce à Antoine Duléry, un rythme alterné, une ambiance étouffante et des vers percutants.

Changement complet d'univers avec Mais qui est La Belette ?, qui reprend un air célèbre de « La jument de Michao ». Un titre joyeux, musical et festif, qui a le profil du 3ème single et qui sort début décembre 1998. Pour le clip, le groupe s'aventure au sein d'un supermarché assez particulier, et s'amuse, danse et chante à travers les rayons. Il s'écoulera à plus de 250'000 exemplaires.

Et c'est sur les accords de la trompette d'Eric Mula et du Piano Bass d'Hervé Lardic que l'album se termine, avec Je Parle. Martial y étale des rhymes machistes de manière lente et impassible, sous forme de dialogue unilatéral entre lui et sa partenaire. Un titre à prendre, bien évidemment, au second degré ;-)

Au final, un premier album haut en couleurs qui prouve que le talent du groupe ne se limitait pas à un simple tube de l'été mais qu'il regorgeait d'une multitude de facettes, qui se laissent très agréablement découvrir. Aujourd'hui l'album s'est écoulé à près de 2 millions d'exemplaires. Un premier disque, un énorme succès, Manau était né !

Aujourd'hui Manau a beaucoup évolué et garde des souvenirs bons et moins bons de cette époque à succès. Cet album fut celui de leurs débuts, ils ne contrôlaient pas encore tous les aspects du métier d'artiste auquel ils se vouaient et ont dû passer de l'anonymat à cette immense popularité, ce qui n'est pas simple tous les jours. Même si cet album reste le préféré de beaucoup de fans, Manau a tenu à aller de l'avant, à découvrir de nouveaux horizons et ne pas tomber dans la facilité d'un « Panique Celtique 2 ». Ils prouvent encore ainsi qu'ils sont bien loin des artistes dits commerciaux, cherchant le succès à tout prix, et bien plus authentiques qu'on ne voudrait bien le croire.

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